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La taxe d'aménagement sur une extension ou un agrandissement

La taxe d'aménagement frappe toute extension qui crée de la surface close et couverte sous plus de 1,80 mètre de hauteur, véranda et surélévation comprises. Le calcul multiplie la surface créée par une valeur forfaitaire de 892 euros le mètre carré hors Île-de-France, 1 011 euros en Île-de-France pour 2026, puis applique le taux voté par la commune et celui du département. Un abattement de 50 % existe sur les cent premiers mètres carrés d'un logement en résidence principale, mais ce quota se compte sur la maison entière, extension comprise : une maison déjà supérieure à cent mètres carrés taxables n'y a plus droit du tout. Une extension de 25 mètres carrés coûte donc, selon la maison sur laquelle elle se greffe, du simple au double.

Faut-il une déclaration préalable ou un permis de construire pour agrandir ?

Une extension qui crée plus de 20 mètres carrés de surface de plancher ou d'emprise au sol relève du permis de construire (article R. 421-14 du code de l'urbanisme). Le seuil est porté à 40 mètres carrés lorsque le terrain se situe en zone urbaine d'un plan local d'urbanisme ou d'un document en tenant lieu. En dessous, une déclaration préalable suffit (article R. 421-17), et aucune formalité n'est exigée tant que l'emprise au sol comme la surface de plancher créées restent inférieures ou égales à 5 mètres carrés.

Le seuil de 40 mètres carrés comporte un piège que les tableaux récapitulatifs oublient souvent. Entre 20 et 40 mètres carrés créés, le permis redevient obligatoire dès lors que les travaux portent la surface totale de la construction au delà du seuil de recours à l'architecte. Ce seuil est fixé à 150 mètres carrés de surface de plancher par l'article R. 431-2 du code de l'urbanisme, abaissé de 170 à 150 mètres carrés par le décret n° 2016-1738 du 14 décembre 2016. Une maison de 140 mètres carrés agrandie de 25 mètres carrés bascule donc en permis de construire avec architecte, quand la même extension sur une maison de 100 mètres carrés reste une simple déclaration préalable. La dispense d'architecte ne bénéficie par ailleurs qu'aux personnes physiques qui construisent pour elles mêmes : une SCI y est tenue quelle que soit la surface.

Comment se calcule la taxe d'aménagement sur une extension en 2026 ?

L'assiette est la surface taxable créée, multipliée par une valeur forfaitaire au mètre carré fixée par l'article 1635 quater H du code général des impôts. La surface taxable n'est pas la surface de plancher : elle additionne les surfaces closes et couvertes sous une hauteur de plafond supérieure à 1,80 mètre, mesurées au nu intérieur des façades, sans déduire les aires de stationnement. Un garage attenant est donc exclu de la surface de plancher par l'article R. 111-22 du code de l'urbanisme, mais bel et bien compté dans la surface taxable. Beaucoup de propriétaires franchissent ainsi le cap des cent mètres carrés sans le savoir.

Élément taxé en 2026Hors Île-de-FranceÎle-de-France
Surface taxable, tarif plein892 € le m²1 011 € le m²
Surface taxable avec abattement de 50 %446 € le m²505 € le m²
Piscine (article 1635 quater J)251 € le m² de bassin
Emplacement de stationnement extérieur2 928 €, portable à 5 857 € par délibération (article 1635 quater K)

Sur cette assiette s'appliquent la part communale, comprise entre 1 et 5 % et pouvant atteindre 20 % dans un secteur délimité justifiant des équipements lourds (articles 1635 quater M et 1635 quater N), la part départementale plafonnée à 2,5 %, et la taxe d'archéologie préventive au taux de 0,40 % assise sur la même valeur (article L. 524-7 du code du patrimoine).

Le barème retenu est celui en vigueur à la date du fait générateur, c'est à dire la délivrance du permis ou la non opposition à la déclaration préalable, et non celle de la fin du chantier (article 1635 quater F). 2026 marque la première baisse de la valeur forfaitaire depuis la création de la taxe, de 930 à 892 euros. Une autorisation obtenue en janvier 2026 plutôt qu'en décembre 2025 vaut environ 70 euros d'économie sur une extension de 25 mètres carrés taxée au tarif plein.

Pourquoi l'abattement de 50 % ne s'applique pas à toutes les extensions ?

L'article 1635 quater I du code général des impôts réduit de moitié la valeur forfaitaire des cent premiers mètres carrés des locaux d'habitation et de leurs annexes à usage d'habitation principale. Presque tous les articles disponibles en ligne présentent cet avantage comme automatique à chaque chantier. Pour un agrandissement, c'est inexact.

La doctrine fiscale ne laisse pas de place au doute : pour les agrandissements, les surfaces taxables nouvellement créées sont ajoutées à la surface taxable du local d'habitation existant pour déterminer les valeurs forfaitaires applicables (BOI-IF-TU-10-30-20, § 180). Le quota de cent mètres carrés s'apprécie sur la maison achevée, pas sur le seul chantier. Une maison qui dépasse déjà cent mètres carrés taxables a épuisé son quota avant le premier coup de pelle, et son extension est taxée intégralement au tarif plein. Les annexes affectées à l'habitation principale entrent dans ce décompte, garage et cellier compris.

Deux maisons voisines, même commune, même extension de 25 mètres carrés en résidence principale hors Île-de-France, taux communal de 5 % et taux départemental de 2,5 %.

Maison AMaison B
Surface taxable existante75 m²130 m²
Extension projetée25 m²25 m²
Quota d'abattement encore disponible25 m²0 m²
Valeur forfaitaire retenue446 € le m²892 € le m²
Assiette11 150 €22 300 €
Part communale à 5 %557,50 €1 115 €
Part départementale à 2,5 %278,75 €557,50 €
Archéologie préventive à 0,40 %44,60 €89,20 €
Total à payer880,85 €1 761,70 €

Exactement le double, pour des mètres carrés identiques. La bascule ne dépend ni du projet ni de la commune, seulement de ce qui existait déjà. Avant de dessiner un agrandissement, mesurer la surface taxable actuelle est donc l'opération la plus rentable du dossier.

Une véranda est-elle soumise à la taxe d'aménagement ?

Une véranda est taxable dès lors qu'elle est close et couverte et que la hauteur sous plafond dépasse 1,80 mètre, ce qui est le cas de la quasi totalité des modèles vendus en France. Le matériau, le caractère chauffé ou non, l'usage saisonnier ne changent rien à la définition de la surface taxable donnée par l'article 1635 quater H du code général des impôts. Une véranda de 18 mètres carrés sur une maison de 110 mètres carrés taxables, en commune à 5 % et département à 2,5 %, représente ainsi environ 1 204 euros de taxe d'aménagement, plus 64 euros d'archéologie préventive.

Une pergola ouverte sur ses côtés, un auvent ou un carport ne créent pas de surface taxable puisqu'ils ne sont pas clos. Un abri de voiture reste toutefois susceptible d'être taxé comme emplacement de stationnement au forfait de 2 928 euros par place (article 1635 quater J), ce qui peut coûter plus cher qu'une petite véranda.

Et une surélévation ou un aménagement de combles ?

Une surélévation crée de la surface taxable et se calcule comme n'importe quelle extension, quota des cent mètres carrés inclus. Deux particularités méritent d'être connues.

D'abord, l'aménagement de combles existants dont la hauteur dépasse déjà 1,80 mètre ne crée aucune surface taxable, puisque cette surface était comptabilisée avant travaux : poser un plancher et des cloisons dans un volume déjà mesurable ne déclenche pas la taxe. Rehausser la toiture pour dégager cette hauteur, en revanche, en crée. La frontière fiscale passe par le mètre ruban, pas par la nature du chantier.

Ensuite, la taxe d'archéologie préventive n'est due que pour des travaux affectant le sous sol (articles L. 524-2 et L. 524-7 du code du patrimoine). Une surélévation posée sur une structure existante, sans fondation ni terrassement, en est en principe dispensée, à la différence d'une extension au sol. Le justificatif se joint au dossier d'urbanisme, il n'est pas accordé d'office.

Quand faut-il déclarer et payer la taxe d'aménagement ?

Depuis la réforme portée par l'ordonnance n° 2022-883 du 14 juin 2022, la taxe n'est plus liquidée par les services de l'urbanisme mais par la direction générale des finances publiques. Le redevable déclare les éléments nécessaires dans les quatre vingt dix jours suivant l'exigibilité, laquelle intervient à l'achèvement des travaux au sens fiscal (article 1635 quater P du code général des impôts). La déclaration se fait depuis le service « Gérer mes biens immobiliers » sur impots.gouv.fr, ou par le formulaire 6840-SD. Le paiement intervient en une seule fois lorsque le montant n'excède pas 1 500 euros, en deux échéances au delà, à quatre vingt dix jours puis à neuf mois.

Deux leviers d'allègement existent, tous deux entre les mains des collectivités. L'article 1635 quater E du code général des impôts autorise une commune à exonérer, par délibération, jusqu'à la moitié de la surface excédant les cent premiers mètres carrés d'un logement en résidence principale financé par un prêt à taux zéro, ainsi que les abris et serres de jardin à usage non professionnel dont la surface ne dépasse pas 20 mètres carrés. Depuis la loi du 19 février 2026, cette faculté couvre aussi les abris intégrés à un projet soumis à permis de construire, et non plus les seuls abris relevant d'une déclaration préalable. Ces exonérations sont facultatives et varient d'une commune à l'autre : les pages communales de ce site permettent de vérifier les taux applicables chez soi. Enfin, lorsqu'un agrandissement s'accompagne de la démolition d'une partie de l'existant, la doctrine admet que les surfaces démolies viennent en atténuation des surfaces taxées ; ce point mérite d'être confirmé auprès du service instructeur avant dépôt du dossier.

Le champ de ce guide.

Ce guide décrit les règles nationales applicables au 14 août 2026 pour une maison individuelle occupée en résidence principale en France métropolitaine. Il ne traite ni des locaux professionnels ou agricoles, ni des lotissements et opérations d'aménagement, ni des changements de destination, ni des participations d'urbanisme locales telles que le projet urbain partenarial, ni des régimes particuliers d'outre-mer et de Mayotte. Les taux communaux, sectoriels et départementaux sont votés chaque année et les exonérations facultatives varient d'une commune à l'autre : seuls le service instructeur de votre commune et l'avis d'imposition émis par la DGFiP font foi. Les montants calculés dans les exemples sont des illustrations et non une estimation de votre situation. Ce site informe, il ne délivre aucun conseil personnalisé.

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Les textes sur lesquels repose ce guide

Ce que nous n'avons pas pu trancher. Publier une réserve vaut mieux que publier une certitude que nous n'avons pas.

  • La valeur forfaitaire abattue de moitié en Île-de-France est indiquée à 505 euros le mètre carré ; la moitié exacte de 1 011 euros donne 505,50 euros et l'arrondi retenu peut différer de cinquante centimes selon les documents administratifs.
  • La doctrine fiscale (BOI-IF-TU-10-30-20, § 180) ne précise pas explicitement le sort des surfaces bâties avant la création de la taxe d'aménagement en 2012 dans le décompte du quota de cent mètres carrés. Elle ne distingue pas selon l'ancienneté, ce qui conduit à les intégrer, mais aucune décision publiée ne le confirme à notre connaissance.
  • La déduction des surfaces démolies à l'occasion d'un agrandissement est mentionnée par la doctrine sans exemple chiffré grand public ; ses conditions exactes de mise en oeuvre restent à confirmer auprès du service instructeur.
  • La dispense de taxe d'archéologie préventive pour une surélévation dépend de l'absence réelle de travaux affectant le sous sol. Un renforcement de fondations rendu nécessaire par la surélévation peut suffire à la rendre exigible ; ce point s'apprécie au cas par cas.
  • Les taux de 5 % et 2,5 % utilisés dans les exemples sont les plafonds ordinaires des parts communale et départementale, pas des moyennes. La médiane nationale de taxe foncière constatée sur ce site, 40,07 %, relève d'un impôt différent et ne peut servir à estimer une taxe d'aménagement.